Acompte, arrhes ou empreinte CB : ce que la loi vous autorise vraiment en 2026
Acompte, arrhes ou empreinte CB : ce que la loi vous autorise pour récupérer jusqu'à 20% de CA perdu en no-show, sans clause abusive.
« On a vraiment le droit de prélever ? » C'est la question du lundi matin, en général après un samedi soir à trois tables vides.
La réponse courte est oui. La loi vous autorise à demander une garantie, sous trois formes. La réponse longue tient dans la façon dont c'est écrit : une CGV bancale ne protège personne le jour où un client conteste son débit.
20 % de chiffre d'affaires perdu chaque mois par un restaurant sans politique anti-no-show (étude TheFork, segment haut).
Pourquoi 1 réservation sur 5 vous coûte de l'argent
Le no-show n'est plus un accident de service. C'est une ligne de pertes, au même titre que la casse. TheFork situe la fourchette entre 5 % et 20 % du CA selon le segment.
La réaction logique, c'est de demander une garantie. Quatre restaurateurs sur cinq n'osent pas. Peur de perdre la réservation. Peur de la clause abusive. Peur de l'avis négatif le lendemain matin.
Alors ils encaissent. Et ils paient deux fois : le couvert vide, plus celui qu'ils ont refusé le matin même.
Le vrai coût du no-show, chiffré
Un restaurant de 100 couverts, ticket 30 €, 10 % de no-show : 1 000 € par semaine. Sur douze mois, 52 000 €. Un salaire chargé complet, ou la totalité de votre marge nette.
Et un simple rappel SMS à J-24h combiné à une empreinte évite environ 40 % des no-shows.
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Arrhes, acompte, empreinte : la seule loi qui compte
Trois mots que tout le monde utilise comme des synonymes. Trois régimes juridiques. Se tromper de mot dans votre CGV, c'est écrire une clause abusive, donc inopposable.
Arrhes (régime par défaut)
Chacun peut se rétracter.
Le client perd la somme s'il annule. Vous remboursez le double si vous annulez. Présomption légale, article L. 214-1 du Code de la consommation : si vous n'écrivez rien, c'est ce régime-là qui s'applique.
Acompte (à préciser)
Engagement ferme des deux côtés.
Le client doit payer le solde même s'il annule. Vous devez exécuter la prestation. Noir sur blanc dans la CGV, sinon le juge requalifie en arrhes.
Troisième option, celle que je vois le plus dans les grandes maisons : l'empreinte bancaire. Vous bloquez un montant sur la carte, sans rien débiter. Il vient, rien n'est prélevé. Il ne vient pas, vous prélevez ce que votre CGV prévoit.
Quatre points à tenir, et ils tiennent ensemble ou pas du tout.
- L'empreinte n'est pas un paiement. Montant bloqué 5 à 7 jours maximum sur le compte du client.
- Le montant s'annonce avant. Sans information écrite et acceptée, la pré-autorisation est contestable.
- Pas de clause asymétrique. Une CGV sans remboursement réciproque est abusive : jurisprudence constante.
Le quatrième est le plus oublié : l'acceptation se fait au moment de la réservation, jamais après, avec trace horodatée.
Cas concret : -73 % de no-shows en 6 semaines
Un bistrot parisien de 80 couverts, passé de 14 % à 3,8 % de no-show en six semaines. Le réglage tient en une ligne : empreinte CB à partir de 4 personnes, 25 € par couvert, annoncée par SMS au moment de la confirmation. Aucun débit pour ceux qui viennent.
- -73 % No-shows
- +11 % CA vendredi-samedi
- 0 Plainte client
Ce qui marche, ce n'est pas le débit : c'est sa perspective. Le client annule au lieu de disparaître, et vous récupérez le couvert pendant qu'il est encore vendable.
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Choisir le régime
Empreinte au-delà de 4 couverts : le moins de friction. Acompte pour un menu dégustation. Arrhes si vous tenez à la souplesse.
Rédiger une CGV symétrique
Le client peut annuler ? Vous aussi, et le remboursement réciproque doit y figurer. Sinon, clause abusive.
Communiquer avant validation
Au téléphone, par SMS, sur le site : le client voit le montant et l'accepte avant de confirmer. Jamais de surprise après coup.
Activer un rappel J-24h
Le SMS de rappel fait chuter le no-show de 40 %, sans rien prélever. Commencez par là si vous hésitez.
Mesurer trois chiffres
Taux de no-show, taux d'annulation J-1, perte récupérée. Sans ça, vous pilotez à l'aveugle.
Comment Heep prend l'empreinte sans friction
Juridiquement, l'empreinte est l'option la plus sûre. Opérationnellement, la plus pénible : lien à envoyer, CGV à faire accepter, trace à conserver. Le genre de tâche que personne ne fait un vendredi soir.
Heep envoie le lien de pré-autorisation par SMS juste après la prise de réservation, qu'elle vienne du téléphone, du site ou de WhatsApp. Le client clique, valide, vingt secondes. La CGV est présentée avant validation et l'acceptation horodatée : c'est votre dossier s'il conteste. Le rappel J-24h part dans la langue du client, avec un lien d'annulation en un clic, parce qu'une annulation à J-1 vous arrange. Et si personne ne vient, le montant prévu est prélevé par votre prestataire de paiement, selon votre CGV.
Les maisons qui couplent l'empreinte à un rappel la veille voient le no-show reculer nettement dès les premières semaines. L'ampleur dépend de votre clientèle et du seuil que vous fixez : relevez votre taux avant de commencer, c'est la seule mesure qui vous appartienne.
Si vous ne faites qu'une chose demain à l'ouverture : relisez votre CGV, cherchez la phrase de remboursement réciproque. Tant qu'elle n'y est pas, le reste ne tient pas. Après seulement, branchez l'automatisation SMS no-show et les 7 KPI de réservation.
Questions fréquentes
Peut-on encaisser un acompte au moment de la réservation ?
Oui, à condition que ce soit clairement annoncé comme acompte (pas comme arrhes) et que la CGV prévoie une rétractation symétrique. Sinon, la jurisprudence requalifie la somme en arrhes, et le client peut se rétracter.
L'empreinte CB est-elle un paiement ?
Non. C'est un blocage temporaire du montant sur le compte du client. Aucun débit tant que le no-show n'est pas constaté. Durée maximum : 5 à 7 jours selon la banque émettrice.
Que se passe-t-il si le client conteste le prélèvement après un no-show ?
Si votre CGV est claire, symétrique et acceptée explicitement avant la réservation, vous êtes protégé. La trace horodatée d'acceptation (SMS, mail, formulaire web) est l'élément clé de votre dossier.
Quel montant peut-on bloquer en empreinte ?
Libre, mais raisonnable et communiqué à l'avance. La pratique courante en France est de 20 à 30 € par couvert. Au-delà, vous risquez la clause abusive si le service ne le justifie pas.
Est-ce que demander une empreinte fait fuir les clients ?
Marginalement. Les études convergent : moins de 5 % de désistement supplémentaire à la réservation, compensé largement par la baisse du no-show. Les clients réguliers comprennent et acceptent sans friction.


